La photographie selon Hamideddine (suite)
Que d’émotions ! Personne n’est resté insensible à la Chronique personnelle (1) au point que l’on m’a réclamé à l’époque de sa publication et avec insistance la suite. Aucune protestation n’est venue réclamer une vraie photo de famille à la place de celle qui illustre l’article ; pour une fois un texte ne se trouve pas à la merci d’une illustration. Ma sœur m’encourage à prendre plus au sérieux l’écriture allant même à me demander de proposer une nouvelle pour le Comar d’Or, m’offrir une seconde chance, la première étant par l’intermédiaire de mon frère Safieddine (2) !!! Gaël Coto, qui est venu exposer ses photographies l’année dernière à Ghar el Melh fait du troc. Il me confie, en contre partie de mes souvenirs d’enfance, ce qui l’a amené à la photographie. Je ne dirais pas que ce fut par amour pour quelqu’un, car je violerais son secret.
Ce buggy participant au Rally Oilibya 2010 a failli m'écraser...
J'étais en train de faire la mise au point et le zoom calé sur une courte focale me faisait croire
que la voiture était encore assez loin mais en réalité elle n'était qu'à quelques mètres de moi.
Photographie Hamideddine Bouali, 1e mai 2010 à 17h51
L’histoire du papillon
L’espérance de vie étant ce qu’elle est et selon les dernières statistiques, je ne suis qu’aux deux-tiers de ma vie. Il se pourrait qu’un jour je raconte ce qui se passe aujourd’hui. Certains ne sont pas très conscients que c’est maintenant que se font les souvenirs racontés plus tard. En ce moment même, à l’heure de la rédaction de ces lignes ou à leur lecture, les décisions prises ou ajournées, les mots prononcés ou entendus, les rencontres fortuites ou les rendez-vous manqués seront un jour d’une importance capitale ou irrémédiablement oubliés. Allez savoir comment s’y retrouver dans ce vaste ensemble de suppositions, d’hypothèses et de conjectures. Et puis tout cela s’enchaîne, se relai et se répercute en fonction d’autres actions. Une seule vérité ; ce n’est que le lendemain que tout sera compris avec certitude. D’autre part personne ne peux garantir que je survivrais à cette chronique, d’ailleurs si elle se termine par trois points de suspensions c’est que je n’ai pas pu la finir pour raison de force majeure ! Et que c’est un proche qui c’est donné la peine de mettre cet article en ligne. Une des énigmes de la vie c’est que justement vous ne saurez jamais si vous, ou ceux que vous côtoyez quotidiennement, seriez là après quelques minutes. L’oubli, la disparition ou la mort, tout cela n’est-il pas de même nature ?
La dernière image
La naissance, même si elle se fait dans la douleur aussi bien du nouveau né que de sa mère, est toujours un heureux événement. La mort, elle, n’est jamais sereine, et ce, même quand elle est une délivrance ou un moindre-mal. S’il sera possible un jour de connaître la première image vue par un être humain, il ne sera pas de même de la dernière, pourtant c’est la plus significative, mais qui aurait la tête à cela ?
Ma vie aurait pu prendre fin le mercredi 23 aout 1972, à l’âge de 11 ans et huit mois. Cette précision n’est pas due à la mémoire légendaire de mon père (3), mais à la concomitance avec un vrai décès survenu de l’autre coté de l’Afrique. Les plus curieux trouveront.
On était tous partis à la plage, du coté de Kheireddine, à quelques pas du célèbre Oiseau bleu qui existe encore de nos jours. Je me rappelle encore de ce délicieux moment où la fraicheur de l’eau de mer était sans pareille pour désaltérer le corps ainsi que l’esprit. On n’était, mes parents et moi, qu’à quelques mètres du rivage et mon père me demanda d’aller demander l’heure. Je suis sorti tout droit puis bifurquais pour suivre le sable humide à la recherche d’une personne portant une montre au poignet. Après quelques centaines de mètres on me répondit qu’il était midi et demie. Au lieu de rebrousser chemin et de retourner sur mes pas, je choisis de rejoindre directement mon point de départ, fermant ainsi le triangle. L’heure donnée devrait être rapidement rapportée sinon elle devenait caduque, d’autres auraient repris le même chemin et ajouté à l’heure apprise quelques minutes. Mais moi je choisi la solution la plus directe ! Le niveau de la mer monta brusquement et de petites vagues tapotaient mon cou, puis mon menton, pourtant à côté, un enfant pas plus grand que moi mouillait à peine son maillot de bain. Soudain et d’un seul coup je perdis pied. Je sautillais afin de respirer par ma bouche, grande ouverte, ce qui me faisait haleter. La respiration se fit de plus en plus problématique car j’avalais de travers une eau salée, tiède et agressive.
Je me souviens comme si c’était hier. J’étais assis à même le sable, l’air hébété, le regard hagard, sans aucun tonus, et mes parents qui félicitaient mon frère de m’avoir sauvé d’une noyade certaine. On comprit après coup ce qui s’était passé. Des enfants ont localisé une zone où le fond était beaucoup plus profond que la normale, surtout à une si faible distance du rivage. Par jeux ils ont disposé une chaise exactement sur ce bas-fond. Une farce qui aurait pu me coûter la vie si ce n’est la vigilance de mon frère. Ma dernière image aurait pu être cette vague vision d’enfants jouant au ballon, une rangée de parasols avec comme bruit de fond des cris de jeux.
Je regardais cette cruelle indifférence, alors que moi, j’étais en détresse !!! Je ne comprenais pas ce qui m’arrivais puisque j’ignorais ce que c’est que la mort…Même aujourd’hui, à presque cinquante ans, je ne saurais y répondre.
Hamideddine Bouali
3 mai 2010
3 mai 2010
(1) http://du-photographique.blogspot.com/2009/05/normal-0-21-false-false-false-fr-x-none.html
(2) voir: http://du-photographique.blogspot.com/2008/09/la-thorie-du-chaos-applique-lactualit.html
http://du-photographique.blogspot.com/2009/04/chronique-controversee_26.html
http://du-photographique.blogspot.com/2008/09/chronique-xxxi.html(3) http://du-photographique.blogspot.com/2009/06/bon-anniversaire-monsieur-papa.html
2 commentaires:
مسكيييييييييييييييين حميد قضى ربي ولطف لازمك شمعة وسردوك أكحل ووعدة في سيدي بلحسن ياش تطير بيها العين
je suis tenté de lire le manuscrit .. c plus excitant ,en plus pck je ne peux pas trop lire sur écran .
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