Le Charme discret de la photographie
Il mezzo camino
C’est peut être mon père, premier lecteur de mes chroniques, qui a été le plus sensible à la dernière chronique. A mes interrogations existentialistes à propos du passage des 50 ans, Il me répondit à sa manière en me conseillant de lire « la Divina commédia » de Dante Alighieri qui y évoquait le « mezzo camino» ; où la vie devenait plus délicieuse. Si à l’époque de Dante la moitié du chemin était située vers l’age de 35 ans, aujourd’hui les temps ont changé et l'espérance de vie nous permet de parcourir bien davantage de chemins, ou le même mais plus longuement, en long, en large et dans tous les sens ! Toute la question étant justement là…Laissons Dante au bord de la route et écoutons ce que nous dit James Joyce et son Ulysse.
Souvent il est difficile de connaitre la date de naissance d’une idée, car bien souvent elle ne nait pas comme les humains mais comme les nuages. Elle commence transparente, vaporeuse puis se densifie, s’agrandit pour enfin acquérir ses caractéristiques propres et revendiquer une catégorie bien déterminée. Ces derniers temps je suis dans les nuages, rarement dessus, et je trouve que le ciel nous réserve des spectacles d’une rare beauté…sans qu’il faille ni réserver sa place ni être acculé à occuper un strapontin. Les nuages, ainsi que les idées, se baladent, changeant parfois de formes et dès qu’ils rencontrent d’autres, entrent en collision. De cette confrontation née l’orage, les éclairs, les tonnerres et bien souvent la foudre.
Comment l’idée de remettre « Un cadre blanc » à des inconnus, ou à des connaissances, croisés par hasard dans la rue et de leur demander de cadrer une scène de leur choix, m’est venue ? Ainsi que le protocole qui consistait à photographier le cadre, son intérieur, ainsi que l’ambiance extérieure ? Facebook, Gille Deleuze et Sélima Karoui en sont les raisons.
Souvent il est difficile de connaitre la date de naissance d’une idée, car bien souvent elle ne nait pas comme les humains mais comme les nuages. Elle commence transparente, vaporeuse puis se densifie, s’agrandit pour enfin acquérir ses caractéristiques propres et revendiquer une catégorie bien déterminée. Ces derniers temps je suis dans les nuages, rarement dessus, et je trouve que le ciel nous réserve des spectacles d’une rare beauté…sans qu’il faille ni réserver sa place ni être acculé à occuper un strapontin. Les nuages, ainsi que les idées, se baladent, changeant parfois de formes et dès qu’ils rencontrent d’autres, entrent en collision. De cette confrontation née l’orage, les éclairs, les tonnerres et bien souvent la foudre.
Comment l’idée de remettre « Un cadre blanc » à des inconnus, ou à des connaissances, croisés par hasard dans la rue et de leur demander de cadrer une scène de leur choix, m’est venue ? Ainsi que le protocole qui consistait à photographier le cadre, son intérieur, ainsi que l’ambiance extérieure ? Facebook, Gille Deleuze et Sélima Karoui en sont les raisons.
Je n’ai jamais été autant portraituré que cette année. Le Club Photo de Tunis, ses sorties, ses séances ainsi que les moments d’amitié créés en marge de ses activités sont semblables à un champ de tir…Cela canarde de partout et il est bien difficile d’esquiver ou d’en sortir indemne. Mais pour la photo qui illustre ma page facebook je me suis servi le 8 juin dernier d’une « Marie Louise » de couleur blanche dont j’ai oté le cadre qui le supportait afin de me mettre dedans et de réaliser un autoportrait. Cela donnait un certain charme car jouant au trompe-l’œil avec la page d’accueil qui était elle aussi blanche.
Deleuze et l'acte de création
Une adhérente au Club Photo de Tunis m’envoie le 19 octobre dernier un lien vers un site qui publie une conférence de Deleuze portant le titre « Qu'est ce que l'acte de création ? ». Je retiens de cette conférence cet extrait « Si vous voulez, les idées, il faut les traiter comme des espèces de potentiels, les idées ce sont des potentiels, mais des potentiels déjà engagés dans tel ou tel mode d’expression. Et inséparable du mode d’expression, si bien que je ne peux pas dire : j’ai une idée en général. En fonction des techniques que je connais, je peux avoir une idée dans tel domaine, une idée en cinéma, ou bien un autre, une idée en philosophie».
Quand on est écrivain on ne peut pas avoir une idée de cinéma et quand on est photographe, indépendamment de la qualité des œuvres produites, on réfléchit en ayant dans les recoins des synapses les principaux paramètres à prendre en considération : le temps, l’espace, la lumière. Une idée est une mise en mouvement d’un de ces éléments par rapport aux deux autres. Parfois c’est une mise en couple de deux éléments en négligeant le troisième, rarement ils sont d’égales priorités. « Une scène de la vie quotidienne » est surtout un morceau d’espace, où se trouve un sujet, capté à une heure donnée…la lumière est ici moins importante que pour un portrait. Si les dixièmes de seconde sont cruciaux pour une prise de vue de sport, elles sont, par contre, secondaires pour une prise de vue d’architecture. Le fait qu’il n y aie pas de textes introductifs, explicatifs ou argumentatifs signés par le photographe ne veut absolument pas dire que son acte photographique est dénué de réflexion. L’acte de création dans n’importe quel domaine d’expression pourrait se suffire à lui-même. L’œuvre porte dans son ventre les réflexions de son géniteur…
Sélima Karoui et la photographie plasticienne
Le 23 octobre 2010, lors de la 35e séance du Club Photo de Tunis nous avons accueilli Sélima Karoui, artiste visuel, qui avait évoqué comme cela était prévisible la photographie plasticienne. Je maintiens l’idée que la photographie dite « plasticienne » est une photographie comme toutes les autres, n’ayant en elle-même rien de particulier sauf le texte théorique qui vient pour la légitimer.
L’histoire de la photographie tire sa richesse et son effervescence par des mouvements qui ont été tous la conséquence d’une popularité grandissante de la photographie. Le pictorialisme n’est-il pas une réaction directe à la fameuse injonction de George Eastman « Appuyez sur le bouton nous faisons le reste », qui ouvrit la porte de la photographie à monsieur tout le monde ?
Au milieu du XIXe siècle, la photographie n’était enseignée que dans de rares institutions. Ces futurs praticiens, qui logiquement porteraient à la fin de leur étude le titre de « photographes professionnels » avaient à maitriser le dispositif photographique. Le rôle du corps enseignant étant de leur inculquer une manière de faire et c’était à eux qu’incombaient, le cas échéant, le rôle de chercher à trouver une manière de comprendre, de justifier ou d’argumenter.
Quand des écoles de beaux arts débutèrent à enseigner la photographie il fallait non plus des textes techniques, sur l’utilisation du dispositif photographique comme pour l’école technique mais de la théorie, il fallait donc rédiger des textes fondateurs. On essayait de donner des réponses à des interrogations qu’un praticien ne trouvait pas nécessaire d’y répondre : « C’est quoi le temps du photographe » ? « Pourquoi photographier » ? « Qu’est ce qu’un paysage » ? « Qu’est ce qu’une esthétique photographique ?».
Bon nombre de photographes fraichement promus de ces écoles ont revendiqué l’étiquette de « photographe-plasticien » afin de se démarquer des autres photographes qui se contentaient, selon eux, de faire des photos sans chercher à conceptualiser ou théoriser leurs images.
Les premiers enseignants de photographie des écoles de beaux arts, ainsi que certains de nos jours, avaient moins le souci, d’enseigner le « comment faire » que le « pourquoi », le « pour qui » en insistant particulièrement sur le « comment cela va etre compris ». Une importante bibliographie a vu le jour à partir des années cinquante aussi bien aux États-Unis qu’en Europe. On analysa le moment de la prise de vue, la notion de souvenir, les intentions du photographe ainsi que son vécu, la légende ou le texte accompagnant la photo…
La photographie n’a pratiquement pas changé, mais certains photographes ont attelé à la leur une remorque textuelle, littéraire et parfois philosophique. Je sais que je vais être critiqué avec virulence à propos de ce texte et tout particulièrement sur le chapitre suivant.
Tout comme les pictorialistes qui ont voulu créer un statut bien à part, afin de se désolidariser des photographes tout court, les photographes plasticiens ont créé de toutes pièces ce « label de qualité », afin que cette photographie, en tout point semblable à celle réalisée par d’autres, soient disposée sur un piédestal bien en vue. Un « produit d’origine contrôlée », estampillé en sous titre ; réalisée par des élites destinées aux biens pensants…
Certains avaient été si intimidés par cette forme cadenassé et opaque qu’ils n’y sont jamais allés pour y goûter. Mais en réalité une photographie d’Ansel Adams, de Cartier Bresson ou de J.R. , de Nan Goldin ou de Nancy Cherman appartiennent au même ensemble. Certaines sont suivies d’un mode d’emploi signé par des curateurs, des théoriciens mais rarement par les photographes eux-même, à l’intention des utilisateurs, d’autres n’y ont jamais songé car cela allait de soi…Pas besoin de mode d’emploi pour boire un verre d’eau !
Modus operandi
La lecture de la conférence de Gilles Deleuze, l’échange de points de vue avec Sélima Karoui et la réalisation de mon autoportrait se sont amalgamés, cristallisés et agglomérés à mon insu. Et c’est au cours de la matinée du 25 octobre 2010, en mettant un peu d’ordre dans mon bureau, que l’idée s’est manifestée à mes yeux avec tous ses détails…Et si je donnais ce cadre à des passants dans la rue, qu’auraient-ils fait avec ? Un autoportrait ? Une scène de la vie quotidienne ? Une photo d’architecture ? Enfin de compte ce n’était plus un cadre blanc mais un appareil photo réduit à sa plus simple expression : un découpeur d’espaces.
L’album « cadre blanc en libre service », fut sans aucun doute un des plus controversés depuis que j’ai commencé à mettre en ligne des photographies.
Sonia Chamakh : « Dans quel but ? Je pense que côté idée, il manque quelque chose ».
Je réponds : « Vous cherchez le but ? C'est le match qui compte ici ! »
Je trouve que cet échange est révélateur d’une incompréhension des finalités de l’opération par certains internautes. Je passe sous silence les superlatifs qui font bien évidemment plaisir, sans plus, mais je m’arrêterai plus longuement sur un commentaire de Mohamed Aouichi, publié après l’interrogation de Sonia Chamakh, qui a insinué que l’idée n’était pas nouvelle. Je ne vais pas essayer de démontrer que « Cadre blanc en libre service » n’a rien à voir avec les travaux de Ben Heine intitulés "Pencil Vs Camera", je me contenterai de vous laisser juger par vous-même.
Une adhérente au Club Photo de Tunis m’envoie le 19 octobre dernier un lien vers un site qui publie une conférence de Deleuze portant le titre « Qu'est ce que l'acte de création ? ». Je retiens de cette conférence cet extrait « Si vous voulez, les idées, il faut les traiter comme des espèces de potentiels, les idées ce sont des potentiels, mais des potentiels déjà engagés dans tel ou tel mode d’expression. Et inséparable du mode d’expression, si bien que je ne peux pas dire : j’ai une idée en général. En fonction des techniques que je connais, je peux avoir une idée dans tel domaine, une idée en cinéma, ou bien un autre, une idée en philosophie».
Quand on est écrivain on ne peut pas avoir une idée de cinéma et quand on est photographe, indépendamment de la qualité des œuvres produites, on réfléchit en ayant dans les recoins des synapses les principaux paramètres à prendre en considération : le temps, l’espace, la lumière. Une idée est une mise en mouvement d’un de ces éléments par rapport aux deux autres. Parfois c’est une mise en couple de deux éléments en négligeant le troisième, rarement ils sont d’égales priorités. « Une scène de la vie quotidienne » est surtout un morceau d’espace, où se trouve un sujet, capté à une heure donnée…la lumière est ici moins importante que pour un portrait. Si les dixièmes de seconde sont cruciaux pour une prise de vue de sport, elles sont, par contre, secondaires pour une prise de vue d’architecture. Le fait qu’il n y aie pas de textes introductifs, explicatifs ou argumentatifs signés par le photographe ne veut absolument pas dire que son acte photographique est dénué de réflexion. L’acte de création dans n’importe quel domaine d’expression pourrait se suffire à lui-même. L’œuvre porte dans son ventre les réflexions de son géniteur…
Sélima Karoui et la photographie plasticienne
Le 23 octobre 2010, lors de la 35e séance du Club Photo de Tunis nous avons accueilli Sélima Karoui, artiste visuel, qui avait évoqué comme cela était prévisible la photographie plasticienne. Je maintiens l’idée que la photographie dite « plasticienne » est une photographie comme toutes les autres, n’ayant en elle-même rien de particulier sauf le texte théorique qui vient pour la légitimer.
L’histoire de la photographie tire sa richesse et son effervescence par des mouvements qui ont été tous la conséquence d’une popularité grandissante de la photographie. Le pictorialisme n’est-il pas une réaction directe à la fameuse injonction de George Eastman « Appuyez sur le bouton nous faisons le reste », qui ouvrit la porte de la photographie à monsieur tout le monde ?
Au milieu du XIXe siècle, la photographie n’était enseignée que dans de rares institutions. Ces futurs praticiens, qui logiquement porteraient à la fin de leur étude le titre de « photographes professionnels » avaient à maitriser le dispositif photographique. Le rôle du corps enseignant étant de leur inculquer une manière de faire et c’était à eux qu’incombaient, le cas échéant, le rôle de chercher à trouver une manière de comprendre, de justifier ou d’argumenter.
Quand des écoles de beaux arts débutèrent à enseigner la photographie il fallait non plus des textes techniques, sur l’utilisation du dispositif photographique comme pour l’école technique mais de la théorie, il fallait donc rédiger des textes fondateurs. On essayait de donner des réponses à des interrogations qu’un praticien ne trouvait pas nécessaire d’y répondre : « C’est quoi le temps du photographe » ? « Pourquoi photographier » ? « Qu’est ce qu’un paysage » ? « Qu’est ce qu’une esthétique photographique ?».
Bon nombre de photographes fraichement promus de ces écoles ont revendiqué l’étiquette de « photographe-plasticien » afin de se démarquer des autres photographes qui se contentaient, selon eux, de faire des photos sans chercher à conceptualiser ou théoriser leurs images.
Les premiers enseignants de photographie des écoles de beaux arts, ainsi que certains de nos jours, avaient moins le souci, d’enseigner le « comment faire » que le « pourquoi », le « pour qui » en insistant particulièrement sur le « comment cela va etre compris ». Une importante bibliographie a vu le jour à partir des années cinquante aussi bien aux États-Unis qu’en Europe. On analysa le moment de la prise de vue, la notion de souvenir, les intentions du photographe ainsi que son vécu, la légende ou le texte accompagnant la photo…
La photographie n’a pratiquement pas changé, mais certains photographes ont attelé à la leur une remorque textuelle, littéraire et parfois philosophique. Je sais que je vais être critiqué avec virulence à propos de ce texte et tout particulièrement sur le chapitre suivant.
Tout comme les pictorialistes qui ont voulu créer un statut bien à part, afin de se désolidariser des photographes tout court, les photographes plasticiens ont créé de toutes pièces ce « label de qualité », afin que cette photographie, en tout point semblable à celle réalisée par d’autres, soient disposée sur un piédestal bien en vue. Un « produit d’origine contrôlée », estampillé en sous titre ; réalisée par des élites destinées aux biens pensants…
Certains avaient été si intimidés par cette forme cadenassé et opaque qu’ils n’y sont jamais allés pour y goûter. Mais en réalité une photographie d’Ansel Adams, de Cartier Bresson ou de J.R. , de Nan Goldin ou de Nancy Cherman appartiennent au même ensemble. Certaines sont suivies d’un mode d’emploi signé par des curateurs, des théoriciens mais rarement par les photographes eux-même, à l’intention des utilisateurs, d’autres n’y ont jamais songé car cela allait de soi…Pas besoin de mode d’emploi pour boire un verre d’eau !
Modus operandi
La lecture de la conférence de Gilles Deleuze, l’échange de points de vue avec Sélima Karoui et la réalisation de mon autoportrait se sont amalgamés, cristallisés et agglomérés à mon insu. Et c’est au cours de la matinée du 25 octobre 2010, en mettant un peu d’ordre dans mon bureau, que l’idée s’est manifestée à mes yeux avec tous ses détails…Et si je donnais ce cadre à des passants dans la rue, qu’auraient-ils fait avec ? Un autoportrait ? Une scène de la vie quotidienne ? Une photo d’architecture ? Enfin de compte ce n’était plus un cadre blanc mais un appareil photo réduit à sa plus simple expression : un découpeur d’espaces.
L’album « cadre blanc en libre service », fut sans aucun doute un des plus controversés depuis que j’ai commencé à mettre en ligne des photographies.
Sonia Chamakh : « Dans quel but ? Je pense que côté idée, il manque quelque chose ».
Je réponds : « Vous cherchez le but ? C'est le match qui compte ici ! »
Je trouve que cet échange est révélateur d’une incompréhension des finalités de l’opération par certains internautes. Je passe sous silence les superlatifs qui font bien évidemment plaisir, sans plus, mais je m’arrêterai plus longuement sur un commentaire de Mohamed Aouichi, publié après l’interrogation de Sonia Chamakh, qui a insinué que l’idée n’était pas nouvelle. Je ne vais pas essayer de démontrer que « Cadre blanc en libre service » n’a rien à voir avec les travaux de Ben Heine intitulés "Pencil Vs Camera", je me contenterai de vous laisser juger par vous-même.
Les travaux de Ben Heine sont visible en suivant ce lien
http://www2.flickr.com/photos/benheine/4681227574/in/set-72157623723956821/
Voici ce que je disais les premiers jours à mes interlocuteurs : « Ceci est un cadre blanc, voulez-vous le disposer d’une certaine manière afin de créer une photographie, je me contenterai de vous prendre en photo lorsque vous me le direz ». Par la suite, et puisque je publiais au fur et a mesure sur facebbok les photos réalisées, je n’avais presque plus besoin de le faire, à dire que tous le monde était au courant.
Lundi 25 octobre à 13h30, à proximité de la Porte de France (Bab Bhar) j’aborde un étranger équipé d’un matériel photo de pro : « Monsieur ! Vous avez une minute ? »… il me répond sans même me regarder : « non ! ». Je continue mon chemin vers la rive droite de l’Avenue Habib Bourguiba, où bat le cœur des J.C.C. (les Journées Cinématographiques de Carthage). Le Théâtre Municipal, là où le tapis rouge des grands jours fut dressé pour l’ouverture et le sera pour la clôture, les terrasses des cafés remplis de jeunes cinéphiles et l’Hôtel Africa où logeaient les invités de cet important festival de cinéma.
Voici ce que je disais les premiers jours à mes interlocuteurs : « Ceci est un cadre blanc, voulez-vous le disposer d’une certaine manière afin de créer une photographie, je me contenterai de vous prendre en photo lorsque vous me le direz ». Par la suite, et puisque je publiais au fur et a mesure sur facebbok les photos réalisées, je n’avais presque plus besoin de le faire, à dire que tous le monde était au courant.
Lundi 25 octobre à 13h30, à proximité de la Porte de France (Bab Bhar) j’aborde un étranger équipé d’un matériel photo de pro : « Monsieur ! Vous avez une minute ? »… il me répond sans même me regarder : « non ! ». Je continue mon chemin vers la rive droite de l’Avenue Habib Bourguiba, où bat le cœur des J.C.C. (les Journées Cinématographiques de Carthage). Le Théâtre Municipal, là où le tapis rouge des grands jours fut dressé pour l’ouverture et le sera pour la clôture, les terrasses des cafés remplis de jeunes cinéphiles et l’Hôtel Africa où logeaient les invités de cet important festival de cinéma.
Hichem Ben Farhat, membre du staff du Club photo de Tunis, et cinéphile averti.
Sans me laisser finir l’explication du concept il me tire le cadre des mains et me dit : « ainsi et maintenant ».
25 octobre 2010
25 octobre 2010
Ridha Naghmouchi, ex membre du Club Photo du Bardo, actuellement illustrateur et caricaturiste.
Lui aussi, il ne lui faut pas beaucoup d’explications pour comprendre de quoi il s’agissait.
25 octobre 2010
25 octobre 2010
Un inconnu, il me regarde puis avec un sourire s’invite à prendre part au jeu.
25 octobre 2010
25 octobre 2010
Un inconnu, « je suis bien ainsi ? »
25 octobre 2010
25 octobre 2010
Nabil Garrach, mon ex étudiant (spécialité cinéma) à l’EAD, « voilà monsieur » me dit-il.
26 octobre 2010
26 octobre 2010
Fatma Saïdane, comédienne, « écoutez je suis très pressée et en plus il y a des gens avec moi »,
« mais madame cela ne prendra qu’une seconde », « Bon ok ! voilà ainsi ».
27 octobre 2010
27 octobre 2010
Habib Salha, enseignant universitaire et producteur de l'émission radiophonique sur R.T.C.I. "Intersignes"
27 octobre 2010
27 octobre 2010
Wahida Sannane, membre du Club photo de Tunis : "moi j'arrête la circulation automobile pour une photo".
26 octobre 2010
26 octobre 2010
à suivre...
Hamideddine Bouali
11 novembre 2010

2 commentaires:
J'ai adoré l'article !
"Les idées naissent comme les nuages" et comme les étoiles, scintillent dans l'obscurité, il suffirait tout simplement de relever la tête pour voir les ténèbreux nuages se muer en une douce lueur d'espoir...
Beaux témoignages Hamid... Une chance que vous soyez là.
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