Révolution à la tunisienne...le fil rouge
Cette exposition ne reviendra pas sur l’actualité qu’a connue la Tunisie tout le long de ce début d’année, mais uniquement sur ce qu’un tunisien, ayant entre les mains un appareil photo, a vu. Toute la nuance est là, les photographies ne sont qu’une trame autour de laquelle on pourra composer divers histoires… Maintenant le fil rouge est entre vos doigts, cela pourrait évoquer une des artères d’un corps vivant, un brin de ce drapeau national jamais aussi adulé ou la limite, forcément ici celle de la mémoire, au-delà de laquelle c’est le noir de l’oubli. La photographie étant l’unique antidote contre l’amnésie et la meilleure parade face à l’ingratitude. Ce sera à vous de voir, car dans une galerie d’exposition beaucoup plus qu’aucun autre lieu public…le visiteur est souverain.
Concevoir une exposition c’est surtout chercher une cohérence, entre des photos constituées en corpus et cet ensemble avec l’espace d’exposition choisi. L’intérieur de Mad’Art est un volume assez particulier ; hall d’entrée plaisamment éclairé, il ne convient pas à toute genre d’exposition. Deux murs qui se font face, et qui dialogueront forcément, et une devanture en demi-cercle parsemée d’ouvertures, formant une ligne de navigation aussi ludique que malicieuse. Ludique car on pourra y concevoir des parcours différents parsemés de bonnes surprises. Malicieux la nature de ces cimaises pourrait ravir l’attention du spectateur au dépends de ce qui est exposé. Il faut donc forcer le spectateur à suivre un parcours clairement balisé. D’où l’idée de ce fil rouge, fil d’Ariane à ne pas lâcher au risque de se perdre ou limite sur laquelle tout les défies se jouent et parfois se gagnent. D’autre part cette mire transperce de part en part les images, facilitant la localisation des punctums ; nom savant qui signifie que « le sens est là ». Une focalisation poussée à l’extrême ; aussi bien dans l’intérêt de chaque image que dans la chronologie de leur vision.
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Après avoir trouvé la logique de la mise en place des photos je me suis interrogé sur l’origine de « Fil rouge » locution souvent usité. Que ne fut ma surprise de trouver que c’est Johann Wolfgang von Goethe dans son célèbre ouvrage « Les affinités électives » qui fut le premier à inventer cette figure de style : « Tous les cordages de la flotte royale, du plus fort au plus faible, sont tressés de telle sorte qu'un fil rouge les parcourt tout entiers et qu'on ne peut l'en extraire, sans que l'ensemble se défasse, et le plus petit fragment permet encore de reconnaître qu'ils appartiennent à la couronne ».Élégante manière, mais croyez-moi toute fortuite, de remercier le Goethe institut de Tunis qui m’a offert l’opportunité de montrer mes photos sans oublier la direction de Mad’Art pour leur accueil et leur hospitalité.
Hamideddine Bouali
29 avril 2011
29 avril 2011
Une exposition organisée par le Goethe-Institut Tunesien
Conçue par Hamideddine Bouali
Conçue par Hamideddine Bouali
Et présentée en collaboration avec Mad’Art, Carthage
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du 29 avril au 23 mai 2011. Espace Mad'Art, Carthage (station TGM Dermech)
du 29 avril au 23 mai 2011. Espace Mad'Art, Carthage (station TGM Dermech)

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